Ulcère de cornée : apprendre à gérer cette urgence

 Ophtalologie

L’ulcère de cornée se présente sous différents types dont la prise en charge nécessite un examen ophtalmologique complet et rigoureux. Le traitement peut être médical et/ou chirurgical en fonction du type d’ulcère, mais il est surtout impératif de retirer la cause si l’on veut éviter une récidive.

Motif régulier de consultation vétérinaire, l’ulcère de cornée nécessite une évaluation précise de sa profondeur et de sa gravité. Une prise en charge rigoureuse, médicale et/ou chirurgicale, selon les cas, est indispensable à sa bonne gestion, comme l’ont expliqué nos confrères Laurent Bouhanna et Célia Maringue lors de la soirée Ophtavet organisée, le 30 janvier, à Paris, par les éditions Med’Com et le laboratoire TVM.

Un ulcère, oui mais lequel ?

Comprendre les mécanismes de formation des ulcères est un préalable indispensable. En effet, si l’ulcère peut être défini comme une perte de substance cornéenne, il en existe différents types suivant la profondeur de celle-ci. On distingue ainsi :

– l’ulcère superficiel, où la perte de substance touche l’épithélium cornéen et éventuellement la partie superficielle du stroma ; il peut également présenter des bords décollés ;

– l’ulcère stromal (plus profond); 

– la descemétocèle, dans laquelle la membrane de Descemet fait hernie au travers de la perte de substance stromale;

– l’ulcère perforé, dans lequel la brèche touche l’ensemble de l’épaisseur de la cornée, autorisant l’issue de l’humeur aqueuse et parfois de l’iris. 

Deux types particuliers sont à connaître : l’ulcère cornéen à bords décollés, dans lequel l’épithélium cornéen se détache du stroma aux berges de l’ulcère, et l’ulcère à collagénases, redoutable par la présence de ces enzymes entraînant une lyse rapide de la cornée, qui prend un aspect gélatineux caractéristique (voir photos).

Une exploration minutieuse

Même si le diagnostic d’ulcère est suspecté ou probable, l’ensemble du globe oculaire et de ses annexes doit être exploré. Un test de Schirmer doit ainsi systématiquement être réalisé. Il est suivi de l’examen du globe, des paupières, des culs-de-sac conjonctivaux et de la membrane nictitante (voir photos), au mieux en biomicroscopie ou, à défaut, avec une bonne source lumineuse et un système grossissant. Le test à la fluorescéine est ensuite réalisé, en prenant soin de rincer abondamment l’œil après l’instillation du colorant. La fluorescéine qui reste alors fixée sur le stroma permet de visualiser l’ulcère. Enfin, selon les cas, d’autres examens peuvent être effectués, comme une échographie ou des prélèvements pour recherche bactériologique/antibiogramme ou recherche virale par PCR (voir encadré).

À chaque ulcère son traitement

Selon les cas, le traitement est médical et/ou chirurgical.

Lors d’ulcère superficiel simple, la cicatrisation est rapide (5 jours en moyenne), par migration et allongement des cellules épithéliales. Le traitement associe un collyre antibiotique (3 ou 4 fois/j pendant 10 jours), un cycloplégique (atropine, 2 fois/j pendant 6 jours) et des cicatrisants, lubrifiants et anticollagénases (3 ou 4 fois/j pendant 10 jours).

Le traitement de l’ulcère herpétique du chat (voir photos), fait appel à des collyres antibiotiques associés à des antiviraux sous forme locale (trifluridine, ganciclovir) et générale (Oravir ND 125 mg, 1 comprimé 2 fois/j pour un chat de 4 kg). L’ulcère à bords décollés peut nécessiter une prise en charge mixte.

Le traitement médical, identique à celui de l’ulcère simple, est éventuellement complété par un traitement chirurgical en cas de persistance de l’ulcère. Un débridement épithélial (au coton-tige) peut alors être réalisé, suivi d’une cautérisation à la Bétadine ND pure puis d’un rinçage. Cela favorise la cicatrisation avec l’adhérence de l’épithélium au stroma. En cas d’échec (50 % des cas), une kératotomie ponctuée ou grillagée est réalisée. Pour ce faire, il faut prendre soin de bien orienter le biseau de l’aiguille de biais et vers le haut. Selon les cas, elle est réalisée sous anesthésie locale ou sous tranquillisation.

À chaque ulcère son traitement

Enfin, une tarsorraphie (recouvrement par la membrane nictitante) peut s’avérer nécessaire car elle augmente le taux de réussite. Elle est laissée en place 15 jours (voir photos). En présence d’un ulcère stromal, le traitement médical des ulcères simples est éventuellement complété par du sérum autologue ou des RGTA*. Le traitement chirurgical consiste en une greffe conjonctivale pédiculée, une greffe conjonctivale libre ou une greffe de sous-muqueuse de porc (VetBio Sys ND) (voir photos). Enfin, le traitement de la cause lorsque celle-ci est identifiée doit être impératif sous peine de récidive : correction de l’entropion, exérèse de cil ectopique (voir photos) ou de corps étranger, cure du trichiasis et du distichiasis, traitement de la kératoconjonctivite sèche ou de l’œdème cornéen.

Fin de vie de l’animal : partenariat Anima Care Vetoquinol

SOCIÉTÉ
Vetoquinol a conclu, pour 2020, un partenariat
avec Anima Care pour mieux accompagner la fin
de vie des animaux de compagnie à l’aide d’outils dédiés : housses mortuaires, cartes de sympathie, accroche-portes, guides d’aide à la décision ou encore des bandes dessinées Sacha et
Gribouille à destination des plus jeunes.
Trois webconférences
Le laboratoire propose également aux cliniques

et cabinets intéressés par ce partenariat, trois webconférences avec notre confrère Vincent Dattée, fondateur d’Anima Care, les 2 avril, 7 mai et 4 juin (à 13 heures). « Ces rendez-vous* seront l’occasion d’échanger entre confrères et de poser toutes vos questions à Vincent Dattée. Le replay sera disponible immédiatement pour les vétérinaires inscrits », précise Vétoquinol. M.J.

Résultats de la chirurgie de la cataracte par phacoémulsification chez le chat

.L’objectif de cette étude rétrospective1 est d’évaluer les résultats de la phacoémulsification chez le chat. Elle porte sur les dossiers médicaux de 72 chats (83 yeux) dans cinq centres de cas référés. Les complications et les résultats sur la vision en période postopératoire immédiate, entre 1 et 90 jours après l’intervention, et après 90 jours, sont comparés selon les différents groupes de cataracte : congénitale/juvénile (32 cas), traumatique (33 cas) et consécutive à une uvéite (7 cas). Dans 11 cas, l’origine de la cataracte était inconnue. Les cas ont été suivis pendant une durée moyenne de 198 jours. Une lentille intraoculaire a été implantée sur 58 yeux sur 83 (69,9 %). Une hypertension intraoculaire postopératoire est survenue sur 32 yeux sur 83 (38,6 %). 

En postopératoire immédiat,tous les yeux avaient recouvré la vision. La complication la plus fréquente était l’uvéite (28/83, soit 33,7 %), suivie de l’ulcération cornéenne (22/83, soit 26,5 %). Entre 1 et 90 jours après l’intervention, 30 yeux sur 32 (93,7 %) dans le groupe cataracte congénitale/juvénile étaient voyants, 30/32 (93,7 %) dans le groupe cataracte traumatique, et 7/7 (100 %) dans le groupe cataracte secondaire à une uvéite. L’uvéite restait la complication la plus courante (42/82, soit 51,2 %), suivie par les synéchies/dyscorie (21/82, soit 25,6 %), l’ulcération cornéenne (16/82, soit 19,5 %) et l’opacification capsulaire

postérieure (15/82, soit 18,3 %). Plus de 90 jours après l’intervention, la vision était bonne chez tous les individus atteints de cataracte congénitale/juvénile (19/19, soit 100 %). Chez les chats souffrant de cataracte traumatique, 15 yeux sur 17 (88,2 %) avaient une vision correcte. C’était aussi le cas pour 4 yeux sur 5 (80 %) dans le groupe cataracte secondaire à une uvéite. Pour l’ensemble des yeux opérés, l’opacification capsulaire postérieure était la complication la plus fréquente (17/48, soit 35,4 %), suivie par les synéchies/dyscorie (16/48, soit 33,4 %). Une énucléation a été nécessaire sur trois yeux : deux dans le groupe cataracte traumatique, à cause d’une endophtalmie et d’un sarcome oculaire post-traumatique, et un dans le groupe uvéite, à la suite d’un glaucome secondaire. En conclusion, le pronostic visuel après phacoémulsification chez le chat est très favorable, avec des complications la plupart du temps minimes et facilement contrôlables.

Article rédigé d’apès des conférences présentées au congrès de l’ECVO à Florence en mai 2018.

Une opération de cataracte réussie chez un jeune lémurien du zoo-refuge de la Tanière

La clinique vétérinaire ophtalmologique Ophtavet a récemment accueilli un patient pas comme les autres : TOKYO, un lémurien âgé de 3 ans provenant du zoo-refuge de la Tanière.

👁️ Un diagnostic délicat :

TOKYO présentait une cataracte bilatérale, avec une atteinte particulièrement avancée de l’œil droit, totalement mûre.

🏥 Une intervention de haute précision :

L’œil droit a été opéré grâce à la technique de phaco-émulsification, une procédure moderne utilisée pour traiter les cataractes.

L’intervention s’est déroulée dans les meilleures conditions, avec la présence de l’équipe vétérinaire de la Tanière, mobilisée pour assurer la gestion de l’anesthésie générale.

✨ Un résultat très encourageant :

L’opération s’est parfaitement déroulée.
Aujourd’hui, TOKYO est en pleine forme et a retrouvé la vision 💙.
Le résultat est particulièrement satisfaisant, comme on peut le constater sur la photo postopératoire prise après l’intervention : il est presque impossible de deviner quel œil a été opéré.

Chirurgie de la cataracte sur un Gris du Gabon

Nous avons eu la chance d’opérer de la cataracte les deux yeux « Coco » un petit Gris du Gabon.
Les propriétaires, très attachés à leur oiseau, n’ont pas hésité à faire l’aller-retour de Béziers pour le faire opérer chez nous à la clinique Ophtavet à Paris.

Photo 1 : aspect préopératoire de la cataracte
Photo 2 : aspect postopératoire à 1 mois

Photos 3 et 4 : en cours d’intervention

Merci à notre confrère et ami Norin Chai pour son expérience et son aide précieuse dans la gestion de l’anesthésie délicate d’un si petit animal.
Tout s’est bien passé, la transparence des yeux est aujourd’hui parfaite, et la vision retrouvée. Les propriétaires nous rapportent une amélioration très nette de sa qualité de vie.
Le challenge technique a été de pouvoir opérer de si petits yeux avec un appareil de phaco-emulsification adapté à l’homme ou aux carnivores domestiques dont les yeux sont beaucoup plus gros.

Retour sur le voyage – conférences au Sri Lanka

Retour d’un magnifique et extraordinaire voyage-conférences vétérinaire au Sri Lanka, organisé par Yaboumba et Med’Com en décembre 2025, avec 3 « G.O.–conférenciers » : Norin Chai , Pierre Foulex et Laurent Bouhanna.

Cette année, 34 participants ont pris part à ce road trip à travers le pays : visite de grands temples bouddhistes, balades en tuk-tuk, paysages à couper le souffle, rizières et plantations de thé, deux safaris en jeep 4×4 à la rencontre des troupeaux d’éléphants dans leur habitat naturel, visite d’un orphelinat au moment du biberon…

Le séjour s’est conclu par une journée détente sur une plage paradisiaque, puis une soirée festive dans un bar perdu au bord de l’eau.

Chaque jour, des conférences étaient assurées en fin de journée, au moment de l’apéritif, en cardiologie (par Pierre Foulex), NAC / faune sauvage (par Norin Chai) et ophtalmologie (par Laurent Bouhanna), afin de partager leurs expériences avec les participants.

Des cours de méditation et de philosophie bouddhiste étaient proposés par Norin Chai, tandis que des séances de gym et d’aquagym avaient lieu certains matins, organisés par Pierre Foulex et Laurent Bouhanna.

Mais le plus beau dans ce voyage restera :
👉 l’amitié,
👉 la confraternité,
👉 la bienveillance,
👉 et surtout beaucoup de joie et de rires partagés.

À l’année prochaine pour un nouveau voyage, probablement en Amérique du Sud… Le choix du pays est encore en réflexion !

Un nouvel appareil de pointe : L’OCT Pentacam Haute Résolution

Première mondiale !
Heureux de vous présenter des images exclusives encore jamais obtenues en ophtalmologie vétérinaire !

👉 Nous avons depuis 1 mois à la clinique Ophtavet à Paris un OCT Pentacam Haute Résolution de chez Oculus. Cet appareil d’imagerie n’est pour le moment présent que dans quelques centres d’ophtalmologie pour humain dans le monde. C’est la première fois qu’il est utilisé chez l’animal.
👉 Sa particularité est de pouvoir obtenir des images de la cornée dans une définition proche de ce que l’on obtient en histologie. La définition est d’environ 10 fois plus élevée que celle d’un OCT classique (grâce à la technologie Scheimpflug).
👉 Je vous laisse découvrir la beauté d’une coupe de cornée normale de chat !

Vous verrez aussi un ulcère à bords décollés et un ulcère stromal profond. Tous les détails sont visibles, en particulier de l’épithélium et de l’endothelium.


👉 Nous préparons un « atlas » numérisé des images des affections cornéennes du chien et du chat obtenues avec ce nouvel OCT Haute Résolution. Nous vous le mettrons à disposition en novembre gratuitement.
Vous découvrirez alors en détail les différents ulcères, séquestres cornéens, kératite eosinophilique, dégénérescence endotheliale, et bien d’autres comme vous ne les aurez jamais vus.
Merci à Benjamin PIERRANG et à la société OCULUS, Inc. pour la collaboration !