.L’objectif de cette étude rétrospective1 est d’évaluer les résultats de la phacoémulsification chez le chat. Elle porte sur les dossiers médicaux de 72 chats (83 yeux) dans cinq centres de cas référés. Les complications et les résultats sur la vision en période postopératoire immédiate, entre 1 et 90 jours après l’intervention, et après 90 jours, sont comparés selon les différents groupes de cataracte : congénitale/juvénile (32 cas), traumatique (33 cas) et consécutive à une uvéite (7 cas). Dans 11 cas, l’origine de la cataracte était inconnue. Les cas ont été suivis pendant une durée moyenne de 198 jours. Une lentille intraoculaire a été implantée sur 58 yeux sur 83 (69,9 %). Une hypertension intraoculaire postopératoire est survenue sur 32 yeux sur 83 (38,6 %).
En postopératoire immédiat,tous les yeux avaient recouvré la vision. La complication la plus fréquente était l’uvéite (28/83, soit 33,7 %), suivie de l’ulcération cornéenne (22/83, soit 26,5 %). Entre 1 et 90 jours après l’intervention, 30 yeux sur 32 (93,7 %) dans le groupe cataracte congénitale/juvénile étaient voyants, 30/32 (93,7 %) dans le groupe cataracte traumatique, et 7/7 (100 %) dans le groupe cataracte secondaire à une uvéite. L’uvéite restait la complication la plus courante (42/82, soit 51,2 %), suivie par les synéchies/dyscorie (21/82, soit 25,6 %), l’ulcération cornéenne (16/82, soit 19,5 %) et l’opacification capsulaire
postérieure (15/82, soit 18,3 %). Plus de 90 jours après l’intervention, la vision était bonne chez tous les individus atteints de cataracte congénitale/juvénile (19/19, soit 100 %). Chez les chats souffrant de cataracte traumatique, 15 yeux sur 17 (88,2 %) avaient une vision correcte. C’était aussi le cas pour 4 yeux sur 5 (80 %) dans le groupe cataracte secondaire à une uvéite. Pour l’ensemble des yeux opérés, l’opacification capsulaire postérieure était la complication la plus fréquente (17/48, soit 35,4 %), suivie par les synéchies/dyscorie (16/48, soit 33,4 %). Une énucléation a été nécessaire sur trois yeux : deux dans le groupe cataracte traumatique, à cause d’une endophtalmie et d’un sarcome oculaire post-traumatique, et un dans le groupe uvéite, à la suite d’un glaucome secondaire. En conclusion, le pronostic visuel après phacoémulsification chez le chat est très favorable, avec des complications la plupart du temps minimes et facilement contrôlables.





